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L'UE demande à TikTok de changer son interface "addictive"
information fournie par AFP 06/02/2026 à 19:58

Montage photo du drapeau européen et de TikTok, créé le 26 avril 2023 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Montage photo du drapeau européen et de TikTok, créé le 26 avril 2023 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

La Commission européenne a demandé vendredi à l'application TikTok de changer son interface "addictive", accusée d'enfreindre la législation européenne sur le numérique, sous peine de s'exposer à de lourdes amendes.

Le réseau social, connu pour ses vidéos ultra-courtes très plébiscitées par les jeunes, a immédiatement contesté l'image "complètement fausse" donnée par Bruxelles de sa plateforme et promis de contester ses conclusions, "avec tous les moyens" à sa disposition.

L'UE, qui dispose de l'arsenal juridique le plus puissant au monde pour réguler le numérique, a ouvert une enquête sur TikTok il y a deux ans.

Dans ses conclusions préliminaires, elle pointe du doigt des "fonctionnalités addictives" qui "pourraient nuire au bien‑être physique et mental" de ses utilisateurs, notamment des mineurs, incités à faire défiler les contenus et à consulter leurs téléphones de façon "compulsive", y compris la nuit.

Trois fonctionnalités, accusées d'être particulièrement "addictives", sont dans son viseur: le "scrolling", soit le défilement ininterrompu de contenus dans son application; le lancement automatique de vidéos et l'envoi répété de notifications "push".

- "Protéger nos mineurs" -

"Il faut que TikTok agisse et change son interface en Europe afin de protéger nos mineurs", a exhorté la commissaire européenne chargée du numérique Henna Virkkunen.

Dans le cas contraire, TikTok pourrait, à terme, s'exposer à une amende pouvant peser jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires mondial annuel.

"Ce n'est pas comme si TikTok ne reconnaissait pas du tout ce risque" addictif, a souligné un responsable européen. D'après lui, TikTok mentionne bien le potentiel addictif de son application et "évalue ces risques", mais cela reste insuffisant au vu des lois européennes sur le numérique, a-t-il souligné.

Ces mêmes règles sont régulièrement critiquées par l'administration Trump et les patrons des réseaux sociaux, qui les assimilent à de la "censure".

Des proches de Donald Trump au Congrès américain ont d'ailleurs vivement critiqué les conclusions de la Commission vendredi, accusant Bruxelles d'utiliser ses règles comme un "moyen de pression" contre des entreprises.

L'UE balaie régulièrement ces critiques.

- "Plateformes sûres pour tous" -

Elle reproche notamment à TikTok de ne pas tenir compte "d'indicateurs importants sur l'utilisation compulsive de l'application", comme le temps passé sur la plateforme par les enfants pendant la nuit.

Elle estime que les fonctionnalités de l'application pour limiter le temps d'écran sont trop "faciles à ignorer" et regrette que le contrôle parental nécessite trop d'étapes pour être mis en place.

L'UE a souligné que la plateforme s'était jusqu'ici montrée "très coopérative" vis-à-vis de ses enquêtes. La réaction de TikTok vendredi tranche avec ce constat.

Cette enquête de Bruxelles intervient alors même que plusieurs capitales européennes s'interrogent sur la possibilité d'interdire les réseaux sociaux pour les enfants ou jeunes adolescents.

L'Espagne et la France examinent des propositions en ce sens, provoquant de très vives réactions des patrons des grandes plateformes.

Lors d'une conférence de presse vendredi, la commissaire européenne Henna Virkkunen a estimé que l'objectif était surtout de rendre ces plateformes sûres pour tous les utilisateurs, enfants compris.

"Les réseaux sociaux devraient être conçus de manière à être si sûrs qu'il ne devrait pas être nécessaire d'imposer des restrictions d'âge aussi strictes", a-t-elle déclaré.

TikTok est visé en parallèle par une autre enquête de l'UE concernant des accusations d'ingérence étrangère lors des élections présidentielles roumaines. Celle-ci est toujours en cours.

5 commentaires

  • 21:38

    La censure des réseaux sociaux avance à grand pasL'objectif à terme étant de mater ce contre-pouvoir jusqu'à le faire disparaître.Ainsi, seuls les médias labellisés pourront à terme diffuser une information conforme à la ligne dictée par la Commission Européenne


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